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L'ARCHE EN ENCORBELLEMENT
L'arche en encorbellement, aussi appelée "fausse arche" ou "arche maya", est typique de l'architecture maya et constitue la forme de toit la plus répandue dans les basses terres à la période Classique. Cette arche est constituée de deux rangs parallèles de blocs de pierre superposés depuis le haut des murs longs vers l'intérieur de la pièce pour former une voûte linéaire en forme de "V" inversé complétée par un rang sommital. Malgré cette convention, il y a des différences stylistiques d'une région à l'autre (fig. 3).
Ce n'est pas seulement l'ingéniosité qui étonne dans ce type de construction mais aussi sa ressemblance avec le toit de chaume de la hutte. Il serait raisonnable de penser qu'elle a évolué depuis cette forme (fig. 4). Étrangement, cette construction est aussi fragile que compliquée à bâtir. À cause de sa pression convexe, l'arche nécessite des murs épais et sa stabilité doit être renforcée par du ciment et des poutres transversales. Mais si le choix de cette forme ne peut être expliqué par la rentabilité, son conservatisme et sa popularité semblent exprimer des valeurs culturelles que les anciens Mayas n'étaient pas disposés à compromettre.
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Fig. 3: Différents styles d'arche en encorbellement. (d'après Gendrop 1979)
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LA CRÊTE FAÎTIÈRE
La crête crête faîtière ou crête sommitale ne se retrouve pas partout dans les basses terres ou sur tous les types de bâtiments et prend diverses formes dépendant des régions. Par exemple, il n'y a pas de crêtes à Copán tandis qu'à Tikal il n'y en a que sur les temples-pyramides.
Cette composante architecturale, constituée de petites pièces superposées, semble avoir pour fonctions d'accentuer la verticalité des bâtiments et de fournir une surface de décoration (fig. 5). Il est possible que la crête du bâtiment monumental ait été inspirée de celle de la hutte qui est toutefois pratique.
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Fig. 4: Évolution présumée du toit de chaume à l'arche en encorbellement. (d'après Andrews 1975)
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Ce type de construction démontre la versatilité du vocabulaire architectural maya où la petite pièce rectangulaire voûtée est adaptée à différents usages: pièces, corridors, escaliers, portails, crêtes, etc. Cette forme de base exprime l'idéal des architectes mayas qui, satisfaits de ce modèle, n'ont pas ressenti le besoin de le changer.
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Fig. 5: Crête faîtière, Tikal. (d'après Coe 1990)
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L'architecture maya est basée sur plusieurs principes d'organisation (linéarité, symétrie, centralité, fermeture, exiguïté, verticalité) exprimés dans la cosmologie: (1) la division de l'univers en trois niveaux d'existence: le monde terrestres, le monde souterrain et le monde céleste; (2) la division du monde céleste en treize domaines et du monde souterrain en neuf domaines correspondant à des périodes temporelles; (3) la division du monde terrestre en quatre parties correspondant aux directions cardinales; (4) l'existence d'un arbre sacré au centre du monde reliant les trois niveaux d'existence; (5) l'interrelation entre les événements terrestres et astronomiques. Cette cosmologie est appliquée à l'architecture par la disposition quadrangulaire des bâtiments, l'orientation des axes selon les points cardinaux, la division des bâtiments en trois composantes superposées, la position centrale des escaliers et des ouvertures ainsi que l'alignement de certains bâtiments avec des corps célestes.
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Représentation de la cosmologie maya. (d'après Schele & Freidel 1990)
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