Les premiers exemples d'architecture monumentale (en maçonnerie) maya remontent à la période Préclassique (500 av. J.-C.) dans la région du Petén au Guatémala. Le phénomène est ensuite apparu consécutivement dans les autres régions. Il est présumé que cette évolution architecturale est le produit d'une complexification sociale impliquant l'apparition d'une élite. Ce prénomène est l'avènement du système politico-religieux de la période Classique (250-900 ap. J.-C.).

L'architecture maya a évolué jusqu'à atteindre un apogée de complexité et de diversité à la période Classique récente (600-900 ap. J.-C.) où l'on discerne clairement des styles régionaux. Cette période connut un élan de construction sans précédent qui se termina de façon abrupte avec le mystérieux déclin quand les cités furent abondonnées. Suivit une nouvelle période d'expansion urbaine dans les basses terres nord dite Postclassique où l'on discerne une grande influence culturelle du Mexique central (toltèque) dans l'art et l'architecture. Cette période se termina avec la Conquête espagnole en 1535 ap. J.-C.
(voir chronologie)

LA PLACE COMMUNE

La place commune, très répandue en Mésoamérique et découlant du patio domestique, est un espace pavé de forme généralement rectangulaire, entouré de bâtiments et servant aux activités communes. À grande échelle, elle prend la forme d'une place publique ou "plaza" bornée par des temples où se déroulaient les festivités et cérémonies publiques (1). À petite échelle, elle prend la forme d'un patio circonscrit par des résidences en maçonnerie et servait aux activités quotidiennes et familiales de l'élite (2).

Le groupement de plusieurs places communes forme un complexe architectural surélevé appelé "acropole" par analogie avec l'architecture de l'Antiquité grecque. Généralement, les places sont organisées de façon linéaire suivant les directions cardinales, sont divisées en différents niveaux pour distinguer leur importance et sont connectées par des escaliers.


LA PLATE-FORME MONUMENTALE


La plate-forme monumentale a une fonction de surélevation. Ce n'est qu'un accroissement des dimensions et de la qualité de la version domestique composée d'un remblai de terre contenu par des blocs de pierre.

L'accroissement de la hauteur d'une plate-forme ne demandait qu'une multiplication verticale et une réduction horizontale du niveau initial, d'où son aspect pyramidal. Mais sa construction n'était pas simple car les anciens Mayas variaient l'agencement des pierres par un  jeu complexe de retraits pour briser la monotonie des lignes droites
(fig. 1). Les dimensions et la hauteur de la plate-forme dépendent du type de bâtiment qu'elle supporte. Tandis que de vastes résidences se contentent d'une basse plate-forme, de minuscules temples sont projetés vers le ciel sur d'immenses pyramides.

Fig. 1: Plate-forme, Tikal.


LA MASSE ET L'ESPACE


Chaque pièce du bâtiment monumental reproduit celle de la hutte dans ses composantes, ses proportions et souvent ses dimensions
(fig. 2). L'espace résultant est sombre et exigu et, bien qu'il soit inconfortable pour le visiteur actuel, il semble avoir plu aux anciens Mayas qui ont conservé le même modèle près d'un millénaire.

La négociation de la masse et de l'espace varie d'une région à l'autre et implique des principes différents. Dans la région centrale, l'espace est minime en comparaison avec la masse étouffante qui semble avoir été favorisée
tandis que, dans la région ouest, l'espace est maximisé au détriment d'une masse perforée réduite à un nucléus.

Fig. 2: Section d'une pièce de bâtiment maya. (d'après Loten & Pendergast 1984)

Dans une logique étrangère à l'architecte occidental, l'espace n'était pas rendu monumental par la construction de pièces plus grandes mais par la multiplication du nombre de pièces qui se retrouvent alors, selon un principe universel chez les anciens Mayas, alignées les unes à côté des autres et les unes derrière les autres et parfois superposées en étages. Certains bâtiments ont jusqu'à cinq étages superposés en retrait pour former des bâtiments semi-pyramidaux. Cette technique était nécessaire pour éviter d'écraser les arches. La forme des bâtiments était modifiée en changeant l'alignement des pièces dont la variabilité définit à la fois des types fonctionnels et culturels.

L'espace intérieur est généralement meublé avec des banquettes en maçonnerie. Les banquettes sont construites le long des murs comme des petites plate-formes et avaient différentes fonctions comme des espaces de rangement, des lits, des bancs et des trônes. Il est probable qu'aux banquettes s'ajoutait aussi des nattes, des hamacs, des rideaux et autres commodités qui n'ont pas survécues au temps.