L'architecture de Copán est caractérisée par son asymétrie. Cette différence de principe avec l'architecture prototype (voir architecture domestique) est due à des modifications majeures de la forme de base. Elle partage néanmoins une majorité de principes avec l'architecture des autres cités mayas confirmant un prototype commun.

L'asymétrie des composantes résulte de leur forme irrégulière (trapézoïdale, polygonale, indéfinie) et celle de leur configuration d'un déséquilibre de la masse et de l'espace caractérisé par la présence de composantes (banquettes, portes, pièces) qui n'ont pas de contrepartie par rapport à l'axe du bâtiment. La configuration architecturale typique est une grande pièce centrale avec deux petites pièces perpendiculaires situées de chaque côté dont l'une communique avec la pièce centrale et l'autre avec l'extérieur
(figs. 5a, b).

Il a déjà été remarqué que la symétrie n'est pas d'une grande rigueur dans l'architecture maya. On distingue tout de même une volonté de symétrie dans la faiblesse des erreurs et la symétrie de la plupart des assemblages. À Copán, l'asymétrie des composantes dépasse les erreurs de calcul et l'asymétrie de leur configuration indique un principe calculé. L'asymétrie de cette architecture se présente donc comme un désintérêt pour la symétrie des composantes et comme un principe d'assemblage asymétrique des masses et des espaces selon des règles spécifiques et limitées. En revanche, la linéarité est très marquée par des alignements avec les directions cardinales.

Comme pour Tikal, on remarque des manquements exceptionnels à certains principes d'organisation. C'est le cas de la centralité pour les palais qui ont pour exceptions le décentrement de l'espace de plancher et des portes intérieures. Compte tenu de la délimitation extrême des pièces créée par les banquettes qui occupent plus de la moitié de l'espace, l'espace de plancher et les portes intérieures devaient être décentrés pour être fonctionnels, c'est-à-dire pour que le plancher ne soit pas réduit à un étroit corridor central et pour que les portes intérieures ne soient pas obstruées par les banquettes. Il semblerait donc que le décentrement soit un compromis en faveur d'une délimitation extrême de l'espace. La délimitation semble être à Copán ce que la verticalité est à Tikal.

Terrain de balle (avant-plan) et Pyramide à l'escalier hiéroglyphique (arrière-plan).

Fig. 5a: Extérieur d'un palais (Maison du scribe).

Fig. 5b: Intérieur d'un palais (Groupe 9N-8).

Un autre trait distinctif de l'architecture de Copán est la sculpture réaliste et détaillée. Les stèles sont un bon exemple de ce style artistique par leur sculpture en trois dimensions (fig. 6). Mais l'exemple le plus remarquable est l'escalier hiéroglyphique révélant l'histoire dynastique de la cité. Un autre fait intéressant est qu'il n'y pas de crêtes faîtières à Copán. La sculpture des bâtiments se concentre autour des portes et sur les façades dans un style apparenté aux basses terres nord.

Fig. 6: Stèles dans la Grande place.