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Aux environs de 900 ap. J.-C. (voir chronologie) les grandes cités classiques des basses terres sud dont Tikal, Uaxactún, Copán, Quiriguá, Palenque et Toniná (voir carte) furent abandonnées. Cet événement historique fut appelé par les archéologues le "déclin de la civilisation maya". Les cités des basses terres nord qui atteignirent leur apogée à ce moment dont Uxmal, Sayil et Kabah s'effondrèrent peu après. Les cités qui furent bâtit par la suite tel Chichen Itza sont le résultat du contact entre la civilisation toltèque du Mexique Central et les populations mayas locales. Pourquoi les Mayas abandonnèrent-ils leurs magnifiques cités? Malgré de nombreuses études, l'abandon des cités mayas classiques demeure un mystère. Différentes explications sont toutefois offertes par les archéologues. Nous proposons un bref aperçu de l'état des connaissances et des différentes théories.
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Certaines théories proposent des catastrophes écologiques comme principale cause de l'abandon des cités. Nous savons que les grandes cités mayas dépendaient d'une agriculture intensive pour subvenir aux besoins de leur population. Les paysans pouvaient subvenir à leurs besoins en cultivant sur brûlis comme ils le font encore aujourd'hui. Mais une cité implique une population qui a d'autres occupations que la production alimentaire dont les marchands, les artisans et les dirigeants. Une agriculture domestique est donc insuffisante pour subvenir aux besoins d'une population urbaine. Pour Tikal on estime une population de 50,000 habitants à son apogée.
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Il a donc été nécessaire de développer d'autres systèmes agricoles afin de maximiser la production. Les archéologues ont découvert des vestiges de terrasses agricoles dans les régions montagneuses et de champs surélevés dans les régions marécageuses qui démontrent que la production agricole était intensive et diversifiée. Ce que tous les systèmes agricoles ont en commun c'est qu'ils nécessitent une terre fertile et un apport en eau. Selon certains, l'intensification agricole aurait causé l'épuisement des sols. Nous savons d'ailleurs que le sol est mince et fragile même si la végétation est abondante. Ce problème aurait été progressif car les sols ne se seraient pas épuisés simultanément. Selon d'autres, une sécheresse aurait causé la perte des récoltes. Nous savons en effet qu'à la fin de la période Classique il y eut une grave sécheresse. Ce problème aurait été catastrophique car les cours d'eau sont petits et peu nombreux. Si les cités dépendaient d'une grande production agricole, la décroissance de cette production aurait causé leur abandon par les résidents n'étant pas en mesure de subvenir à leurs propres besoins alimentaires. Reste à savoir si l'abandon des cités c'est fait de façon progressive ou drastique. On peut imaginer une migration progressive des résidents ou alors une famine faisant des milliers de morts.
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D'autres théories proposent des catastrophes sociales comme principale explication de l'abandon des cités. Nous savons que les cités étaient dirigées par une élite et particulièrement un roi qui était pour la population un symbole du divin et un élément essentiel au maintien de l'ordre cosmique. Bien que les fermiers connaissaient très bien le calendrier agraire, ils dépendaient de l'élite pour faire les cérémonies qui s'imposaient. Le pouvoir de l'élite reposait donc sur la coyance qu'elle seule avait la capacité de communiquer avec les dieux et d'intervenir pour maintenir l'ordre. L'importance de l'élite se voit dans toutes les constructions que la population érigea pour ses besoins et en son honneur.
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Monuments en ruine à Tikal.
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À la fin de la période Classique on remarque un élan de construction sans précédent puis un arrêt total correspondant à l'abandon des cités. Plusieurs monuments dont des temples et des stèles présentent des signes d'incendie et de vandalisme. Selon certains, il y aurait eut une révolte de la population contre l'élite. L'élite aurait alors fuit les cités qui auraient ensuite été vandalisées puis réoccupées par une partie de la population. Nous savons en effet que les cités furent habitées un certain temps après leur déclin et demeurèrent longtemps des lieux de cérémonie. Selon d'autres, l'abandon des cités se serait fait de façon pacifique et la destruction des monuments serait rituelle. La population aurait cessé de subvenir aux besoins de l'élite laquelle aurait dû mettre un terme à son règne et quitter les cités en quête d'une autre subsistance. Nous savons d'ailleurs d'après les sépultures que brûler et briser des objets était un rituel marquant une fin. Mais pourquoi la population aurait-elle abandonnée sont élite? Il est suggéré que la dégradation de l'ordre établit (accroissement de la guerre, réduction du commerce, déclin de l'agriculture) ne pouvait pas être remédié par les cérémonies et la population perdit confiance en ses dirigeants.
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D'autres théories impliquent l'expansion de la civilisation toltèque. À la fin de la période Classique, on remarque une influence toltèque croissante dans l'art et l'architecture mayas ainsi que la croissance des cités des basses terres nord. Selon certains, un facteur déterminant dans le déclin des cités du sud serait l'apport de nouvelles idées contribuant à déstabiliser l'ordre socio-politique. Selon d'autres, se serait le changement des routes de commerce qui seraient devenus maritimes favorisant ainsi les cités du nord.
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